Nous avons lu avec un très grand intérêt :

« Le congrès de Vienne »
une refondation de l’Europe
1814-1815

Présentation de l’éditeur (Perrin) :

Par un maître des études du premier XIXe siècle, l’analyse originale et le récit alerte de l’événement fondateur de l’Europe contemporaine.
De novembre 1814 à juin 1815, entre Restauration et Empire, se tient dans la capitale autrichienne la plus grande réunion diplomatique de l’histoire, destinée à réorganiser une Europe bouleversée par vingt-deux années de guerres. Elle fut bien plus qu’un tourbillon de fêtes, de bals et de spectacles. Dans cette ample machinerie de 300 délégations, le Français Talleyrand, représentant des vaincus, sut manoeuvrer avec maestria. Mais l’épisode des Cent-Jours vint tout compromettre, et le congrès reste, pour les Français, un mauvais souvenir. Ont-ils raison ? « Mon but, explique l’auteur, a certes été de raconter l’événement – ce qui vaut la peine –, mais aussi (…) d’évaluer l’importance de ses rebondissements, d’analyser ses décisions et leurs conséquences, sans me priver d’aller me promener dans ses coulisses. » Détaché du point de vue gallocentrique, cet ouvrage est en vérité le premier qui embrasse le congrès de Vienne dans toutes ses dimensions, en le rendant pleinement à son temps.

Thierry Lentz le congrès de Vienne

Notre appréciation :

A priori, le fait que Thierry Lentz soit le président de la « fondation Napoléon » et l’auteur d’une trentaine d’ouvrages consacrés au premier empire ne nous prédisposait pas en sa faveur (!!!).
Néanmoins, nous fûmes bien agréablement surpris de constater que Thierry Lentz sortait de l’hagiographie napoléonienne entretenue par l’histoire officielle servie par la république, et nous racontait – avec brio et équilibre – ce que fut ce Congrès auquel la même histoire officielle a forgé une si mauvaise réputation, alors qu’il a, en réalité (et en grande partie grâce à l’habileté du rusé Talleyrand), inscrit le principe de légitimité à la base de l’équilibre européen et, ce faisant, préservé le vieux continent d’une déflagration généralisée pendant exactement un siècle.

Alors que le bicentenaire de la bataille de Waterloo (18 juin 1815) aurait tendance à susciter en France une nouvelle poussée de napoléonite purulente, avec le retour de toutes les vieilles légendes infondées que la mythologie républicaine a forgées, il est bon de lire un tel livre !