Notre-Dame d’Aric, au Cheylard.

Dans le bulletin paroissial du mois de juillet 2014 de la « paroisse Notre-Dame des Boutières », qui est la paroisse territoriale sur laquelle est sis le Refuge Notre-Dame de Compassion, Monsieur le Curé a consacré son éditorial à la chapelle d’Aric, érigée sur la colline de ce nom, au Cheylard ; colline qui fut l’emplacement de l’église paroissiale avant les destructions perpétrées par les huguenots au XVIe siècle.

Le 5 juillet 1944, la petite ville du Cheylard a été le théâtre d’une véritable bataille dont le souvenir est commémoré par des célébrations religieuses et civiles tous les ans.
En cette année du 70e anniversaire, ces célébrations ont pris un relief particulier, et c’est la raison pour laquelle Monsieur le Curé a aussi tenu à rappeler le voeu prononcé par la paroisse dans ces circonstances tragiques, ainsi que la réalisation de ce voeu matérialisé par la reconstruction d’un sanctuaire à Aric.

Statue de Notre-Dame d'Aric  (oeuvre de Belloni) - Le Cheylard

Statue de Notre-Dame d’Aric (oeuvre de Belloni) – Le Cheylard

Le Sanctuaire Notre-Dame d’Aric
au Cheylard :

« Au moment du débarquement des troupes alliées en Normandie, en 1944, Le Cheylard devint le principal centre de la Résistance du Vivarais, en même temps que la préfecture provisoire de l’Ardèche. Alertés par l’activité intense du maquis, les Nazis prirent conscience du danger de ce foyer de résistance et décidèrent de l’anéantir. Sollicité par les paroissiens, le Chanoine Prosper CLAUZIER, curé du Cheylard, proposa de faire le vœu d’élever un monument à Notre-Dame et de faire du premier vendredi de chaque mois, jusqu’en 1950, une journée de prière, si Le Cheylard et ses environs étaient préservés.

Dès la fin de la guerre, la paroisse s’empressa de construire sur la colline d’Aric une Chapelle dédiée à Notre-Dame du Sacré-Cœur. D’une élégante simplicité, la statue qui la surmonte est l’oeuvre de Monsieur BELLONI, émérite statutaire de la Basilique de Fourvière.

En ce 70° anniversaire de la bataille du Cheylard, nous reproduisons ci-dessous l’allocution de l’Abbé MICHALON, professeur au Grand Séminaire de Viviers, à l’occasion de la bénédiction de la chapelle et de la statue de Notre-Dame d’Aric – au Cheylard – le 4 juillet 1948, par Mgr Alfred COUDERC, Evêque du diocèse de Viviers (sources : Chanoine Prosper CLAUZIER, curé du Cheylard de 1925 à 1954) :
« Ce monument, surmonté du chef-d’œuvre statuaire d’un artiste chrétien qui, dans la prière contemplative, l’a longuement conçu, est l’expression de l’action de grâces que Le Cheylard adresse et adressera indéfectiblement à Notre Seigneur et à sa Mère, après les journées sombres de juillet et août 1944.
Ce sanctuaire de Notre-Dame du Sacré-Cœur sera désormais pour vous, Cheylarois, un appel. Car il concentre en un tout la prière et le talent de l’artiste, l’intelligence de l’architecte et du maître d’œuvre, la fatigue des ouvriers qui, pierre à pierre, l’ont élevé, le souci du détail, du fini, l’offrande de tant de bienfaiteurs modestes, cachés ou insignes, la foi et l’espérance de votre prêtre et de vous, ses paroissiens.
Il est, ce sanctuaire, le témoignage de reconnaissance, d’hommage peut-être, pour plusieurs, de souffrances d’un peuple qui s’est jeté dans les bras du Christ-Jésus et de sa Mère.
Alors, quand de la vallée, vous regarderez la silhouette de la blanche statue, veuillez, mes Frères, entendre l’appel discret que Notre Dame vous adresse : elle vous demande de ne point oublier que c’est votre travail, la grisaille et le monotone de vos existences que son Fils attend comme la plus belle prière et la plus large offrande que vous puissiez lui adresser.
Et puis ! Si vos cœurs sont trop las, si la vie est méchante, si les yeux sont ternis, vous saurez bien toujours que vers vous un visage se penche pour vous comprendre et vous offrir maternellement le Cœur de son Jésus. »

Père Christian Goudard, juillet 2014.

La chapelle d'Aric au Cheylard

La chapelle d’Aric au Cheylard