Nous avons lu et nous avons aimé : « Vincent de Paul – un saint au Grand Siècle ».

Parmi les ouvrages que nous avons lus cet été, il y a le livre de Madame Marie-Joëlle Guillaume consacré à Saint Vincent de Paul.
Agrégée de lettres classiques, portant un grand intérêt au XVIIe siècle français (elle a publié en 2007 une biographie de Catherine de Vivonne, marquise de Rambouillet, sous forme de mémoires apocryphes), dans cet ouvrage de plus de 480 pages, Marie-Joëlle Guillaume réalise un portrait vivant et exhaustif de Saint Vincent de Paul, en le replaçant bien dans le contexte historique, politique et spirituel de son temps : un livre complet et équilibré qui évite les écueils de l’hagiographie mièvre et de l’exposé historique sec, et qui a été pour nous une excellente révision de nos connaissances sur ce « géant de la charité » en même temps que sur la fin du XVIe siècle et les deux premiers tiers du Grand Siècle.

Un seul bémol :
Pourquoi Madame Guillaume se croit-elle obligée de rajouter des guillemets de chaque côté du mot hérétique dès qu’il est question des huguenots ?  Faudrait-il aujourd’hui relativiser les graves erreurs doctrinales et les déformations profondes du christianisme dont la religion prétendue réformée, ainsi qu’on l’appelait à l’époque, s’est rendue coupable ?

Vincent de Paul un saint au Grand Siècle

Quatrième de couverture :

« Petit paysan des Landes devenu prêtre, nommé précepteur dans l’illustre famille de Gondi après diverses aventures, Vincent de Paul, né en 1581, découvre à trente-six ans la vocation de sa vie : servir les pauvres. Aumônier général des galères du roi à partir de 1618, il fonde en 1625 la congrégation de la Mission, afin d’évangéliser et soigner le peuple des campagnes, et former des prêtres pour cette tâche. En 1632, il se voit offrir avec sa communauté le prieuré de Saint-Lazare à Paris. Les lazaristes étaient nés. Leur ordre allait devenir un refuge pour des milliers de démunis et un centre de rayonnement spirituel considérable. 
Peu à peu, Vincent de Paul s’affirme comme la conscience de son temps. Avec Louise de Marillac, supérieure des Filles de la Charité, il suscite l’engagement et la générosité des femmes de la haute société, lutte sur le terrain contre les horreurs de la guerre de Trente Ans, institue à Paris l’œuvre des Enfants trouvés. Par sa présence, de 1643 à 1652, au Conseil de conscience de la reine Anne d’Autriche, celui qui fait jeu égal avec les grandes figures de la Contre-Réforme catholique, François de Sales, Bérulle, Olier, influera aussi sur les affaires de l’Etat et s’engagera contre le jansénisme. Les années 1650 le voient jouer un rôle décisif dans le développement des missions étrangères. Il meurt en 1660 et sera canonisé moins d’un siècle plus tard. 
Homme de prière, homme d’action, meneur d’hommes, témoin auprès des grands des exigences de la conscience, l’humble paysan gascon est devenu une grande figure de notre histoire. »

Marie-Joëlle Guillaume : « Vincent de Paul – Un saint au Grand Siècle » , éd. Perrin, avril 2015.