Les chiffres de l’Eglise en France sont révélateurs d’une crise qui ne finit pas, et non d’un renouveau…

Le quotidien « La Croix » (dont le très spirituel André Frossard disait fort judicieusement : « Lire la Croix, quelle croix ! ») a publié le 6 juin dernier un article dressant l’état des lieux de la situation de l’Eglise catholique en France.
Les données rapportées sont précises, clairement énoncées… et qui pourrait accuser ce journal de vouloir donner une image négative et pessimiste de l’Eglise de France ?

Voici donc :

En 2000, si 50% d’une classe d’âge était baptisée, aujourd’hui ce taux est passé à 32 %, soit une baisse de plus de 1% par an.
Pour rappel ce taux était de 71% en 1980 !

Pour les mariages célébrés à l’église, on se demande s’ils pourront encore dégringoler tellement leur nombre est faible : si 61 % des mariages passaient par l’église en 1980, ils n’étaient plus que 16% à le faire en 2010.

Quant au nombre des prêtres, même constat : ils étaient 38.291 en 1980 et sont tombés à 13.822 en 2011, avec une moyenne d’âge de 72 ans !

Un tel désastre ne constitue pas seulement la mise en péril d’une institution, mais la crise quasi irréversible d’une civilisation, à travers des modes de vie et des modèles…

Et pour ceux qui continuent à proclamer que le second concile du Vatican est venu apporter un « souffle nouveau » et un merveilleux dynamisme à l’Eglise, ces chiffres sont un démenti sans appel !
N’importe quel chef d’entreprise sensé, s’il avait des chiffres analogues dans son affaire, aurait depuis longtemps revu sa stratégie, changé ses méthodes, renouvelé ses cadres, restructuré et opéré un retour aux « recettes » qui avaient permis le succès et la prospérité de l’entreprise : mais beaucoup d’évêques et de prêtres s’entêtent – avec une obstination pour laquelle le seul adjectif véritablement approprié me semble finalement « diabolique » – dans des méthodes pastorales, dans une catéchèse et une liturgie dont les effets catastrophiques sautent aux yeux, tout en nous serinant béatement : tout va bien… notre Eglise n’a jamais été aussi belle… nous sommes en plein renouveau… le dynamisme conciliaire est prodigieux… etc.
« Laissez-les ! Ils sont aveugles et conducteurs d’aveugles ; or, si un aveugle conduit un aveugle, ils tombent tous deux dans une fosse… » (Matth. XV, 14).

Pierre Bruegel l'ancien : la parabole des aveugles (Naples, musée Capodimonte)

Pierre Bruegel l’ancien : la parabole des aveugles (Naples, musée Capodimonte)