Les adieux à la Crèche et la « Crèche blanche ».

C’est le 2 février, jour de la Chandeleur, que se place la très ancienne tradition (aujourd’hui malheureusement bien oubliée) des Adieux à la Crèche.

Alors que dans beaucoup d’églises on fait disparaître la Crèche sitôt l’Epiphanie passée, il est bon de rappeler que le « temps de la Crèche », nous est indiqué par le Saint Evangile lui-même. C’est en effet quarante jours après la naissance de l’Enfant Jésus que Joseph et Marie ont quitté Bethléem pour monter à Jérusalem et accomplir dans le Temple les rites et les sacrifices prescrits par la loi mosaïque : la purification de la jeune mère et la présentation du premier né.

En Provence, la tradition des Adieux à la Crèche s’est encore maintenue jusqu’à nos jours en certaines paroisses : les enfants vont prendre l’Enfant Jésus dans la Crèche de l’Eglise et, en chantant des cantiques, le portent en cortège jusqu’au sanctuaire, où le prêtre le reçoit et le dépose sur l’autel, ou bien devant un tableau représentant l’épisode évangélique de la Présentation, ou encore – en de rares endroits – dans la « Crèche blanche ».

La "Crèche blanche" dans l'église de Saint-Saturnin-les-Avignon.

La « Crèche blanche » dans l’église de Saint-Saturnin-les-Avignon.

La « Crèche blanche », c’est un décor évoquant le Temple, devant lequel sont placés des santons spéciaux (ou des santons que l’on rhabille spécialement pour la circonstance ) qui représentent les protagonistes du récit évangélique de cette fête : la Sainte Vierge, accompagnée de Saint Joseph portant les deux colombes, Siméon recevant l’Enfant Jésus dans ses bras, la prophétesse Anne, parfois (comme dans la photo ci-dessus) un prêtre Juif.
Ce nom de « Crèche blanche » viendrait de l’usage selon lequel, ne pouvant pas démonter la Crèche de Noël le jour même de la Chandeleur, on la voilait de grands draps blancs ; ces draps servant alors de fond à la reconstitution de la Présentation du Seigneur au Temple.

Au Mesnil-Marie, nous n’avons pas de « Crèche blanche », ou du moins pas encore : peut-être cela viendra-t-il un jour !
Néanmoins, au matin du 2 février, nous retirons les santons de la Sainte Famille de la Crèche pour les apporter jusqu’à l’autel.

Terminons ce petit rappel des traditions sur une note d’humour…

Adieux à la Crèche