Le douzième centenaire de la mort du Bienheureux Charlemagne.

814 – 28 janvier – 2014

Reliquaire du chef de Saint Charlemagne

Reliquaire du chef de Saint Charlemagne

Plusieurs anniversaires séculaires importants jalonnent cette année 2014 : pour des raisons derrière lesquelles il est difficile de ne pas voir poindre certaine idéologie, le douzième centenaire de la mort du Roi des Francs et empereur d’Occident Charles 1er le Grand, plus couramment appelé Charlemagne, quoique mentionné dans la liste des commémorations nationales (cf. > Archives de France), ne semble pas faire l’objet de grandes préoccupations officielles et médiatiques.

Jusqu’à présent, je n’ai trouvé sur la toile qu’un seul article en français qui soit véritablement intéressant, et encore ne présente-t-il l’Année Charlemagne que sous un aspect culturel : il date du mois de juin 2012 (!!!) et annonce les expositions auxquelles Aix-la-Chapelle servira de cadre en cette année 2014.
Cet article en profite pour rappeler succinctement ce que fut  Aix-la-Chapelle :
http://onditmedievalpasmoyenageux.fr/2014-lannee-charlemagne-a-aix-la-chapelle/

Toujours dans le domaine culturel on visitera avec intérêt aussi l’exposition virtuelle de la BNF, intitulée « Trésors carolingiens » :
http://expositions.bnf.fr/carolingiens/index.htm

Pour nous, nous profiterons de ce douzième centenaire pour nous efforcer de sortir des clichés largement répandus par tous ceux qui avaient intérêt à salir la mémoire d’un très grand Prince chrétien.
Voici des extraits de ce qu’écrit Dom Prosper Guéranger dans sa célèbre « Année Liturgique » à la date du 28 janvier :
« (…) un grand nombre d’Eglises, surtout en Allemagne, (célèbrent) aujourd’hui la mémoire imposante du pieux Empereur Charlemagne.
L’Emmanuel, en venant en ce monde, doit recevoir le titre de Roi des rois et de Seigneur des seigneurs ; il doit ceindre l’épée et tenir sous son sceptre la multitude des nations : quoi de plus juste que d’amener à son berceau le plus grand des princes chrétiens, celui qui se fit toujours gloire de mettre son épée au service du Christ et de son Eglise ! 

Le respect des peuples était déjà préparé en faveur de la sainteté de Charlemagne, lorsque Frédéric Barberousse fit rendre le décret de sa canonisation par l’antipape Pascal III, en 1165 : c’est pourquoi le Siège Apostolique, sans vouloir approuver une procédure irrégulière, ni la recommencer dans les formes, puisqu’on ne lui en a pas fait la demande, a cru devoir respecter ce culte en tous les lieux où il fut établi. Cependant les nombreuses Eglises qui honorent, depuis plus de sept siècles, la mémoire du grand Charles, se contentent, par respect pour le martyrologe Romain où son nom ne se lit pas, de le fêter sous le titre de Bienheureux. 
Avant l’époque de la Réforme, le nom du Bienheureux Charlemagne se trouvait sur le calendrier d’un grand nombre de nos Eglises de France ; les Bréviaires de Reims et de Rouen l’avaient conservé jusqu’à nos jours. L’Eglise de Paris le sacrifia, de bonne heure, aux préjugés des Docteurs dont les opinions avancées se manifestèrent dans son Université, dès la première moitié du xvie siècle. La Réforme avait conçu de l’antipathie contre un homme qui avait été la plus magnifique et la plus complète représentation du Prince catholique ; et ce fut bien moins le défaut d’une canonisation en règle que l’on mit en avant pour effacer du calendrier le nom de Charlemagne, que la prétendue licence de ses mœurs, dont on affecta de relever le scandale. Sur cette question comme sur bien d’autres, le sentiment public se forma à la légère ; et nous ne nous dissimulons pas que les personnes qui se sont le moins occupées d’étudier les titres de Charlemagne à la sainteté, seront les plus étonnées de trouver son nom dans cet ouvrage. 
Plus de trente Eglises, en Allemagne, célèbrent encore aujourd’hui la fête du grand Empereur ; sa chère Eglise d’Aix-la-Chapelle garde son corps et l’expose à la vénération des peuples. (…) L’Université de Paris le choisit pour son Patron en 1661 (…). 
Nous inclinons avec Bossuet, dont la sévérité en morale est assez connue, à croire que les moeurs de Charlemagne furent toujours pures (1), et que le préjugé contraire, qui n’a pour lui que quelques textes assez vagues et contradictoires de certains auteurs du moyen âge, a dû ses développements à la malheureuse influence de l’esprit protestant (…) ».

Ceux qui voudront approfondir se reporteront avec profit à l’intégralité de la notice de Dom Guéranger, où il est fait justice de la prétendue licence des moeurs et polygamie du grand empereur.
Nous nous souviendrons aussi de cette vision de Sainte Jeanne d’Arc qui lui donna de contempler « Messires Saint Louis et Saint Charlemagne » prosternés devant le trône de la divine Majesté afin d’intercéder pour la France.
Au Mesnil-Marie, nous ne nous cachons pas de marquer la fête liturgique du Bienheureux Charlemagne à l’office divin, chaque 28 janvier…

Et nous n’hésitons pas non plus à inviter largement, à défaut de participer aux grandes célébrations nationales et européennes qui s’imposeraient, à faire de cette journée du 28 janvier 2014 une journée de mémoire reconnaissante mais aussi et surtout une journée de prière pour l’Occident (jadis) chrétien, qui en a grand besoin, à l’occasion de ce douzième centenaire de la mort du Bienheureux Charlemagne, Roi des Francs et Empereur d’Occident.

Signature de Charlemagne

Signature de Charlemagne

Note 1. « Vaillant, savant, modéré, guerrier sans ambition, et exemplaire dans sa vie, je le veux bien dire en passant, malgré les reproches des siècles ignorants, ses conquêtes prodigieuses furent la dilatation du règne de Dieu, et il se montra très chrétien dans toutes ses oeuvres » (Bossuet – sermon sur l’unité de l’Eglise).