La journée annuelle d’entretien de la béalière :

Dans son blogue, en septembre 2011, le Maître-Chat Lully avait expliqué en détail ce que sont les béalières, cet élément essentiel et très antique de la civilisation, du patrimoine et de la vie rurale vivaroise.
Nous vous renvoyons donc aux explications qu’il avait alors données et à sa présentation de notre béalière, celle qui permet l’alimentation en eau de tout notre hameau et du Mesnil-Marie en particulier.
C’est à lire ici > notre béalière.

A son point de départ, au sommet d'une cascade, la béalière est maçonnée contre le flanc d'une falaise rocheuse

A son point de départ, au sommet d’une cascade, la béalière est maçonnée contre le flanc d’une falaise rocheuse

Tous les ans, les hommes du hameau font une journée de travail en commun pour l’entretien de notre béalière : il s’agit de couper la végétation qui a poussé en bordure, de consolider ses berges là où cela est nécessaire, de curer son lit des branches mortes, des pierres ou des éléments végétaux qui sont tombés dedans… etc.
Cette année, nous avions choisi le samedi 19 juillet pour cette journée d’entretien : le fait que nous étions au dernier quartier de la lune, laquelle était en outre descendante, étant propice aux opérations de débroussaillage et d’élimination des végétaux.

Le nettoyage et l’entretien doivent être accomplis depuis l’endroit de la prise d’eau, au sommet de la cascade du Salin – qui se trouve à quelque 500 m en amont du Mesnil-Marie – , jusqu’à l’extrémité du hameau en aval, là où la béalière rejette dans la rivière l’eau qu’elle en avait détournée : le cours de notre béalière est d’environ un kilomètre.

Deux ou trois hommes, dûment équipés de débroussailleuses, coupent la végétation qui a poussé sur les bords, et – derrière eux – les autres, armés de pelles, de râteaux et de fourches, nettoient le lit du canal et le réparent là où il en est besoin…

Comme l’expliquait le Maître-Chat Lully dans la chronique sus-citée, cette béalière est un bien hérité des pratiques et usages du Moyen-Age : elle n’appartient pas à la commune de Saint-Martial, mais elle est une propriété collective, indivisible et inaliénable, des habitants du hameau, ou plus exactement des terrains du hameau qu’elle traverse.
Nous savons qu’elle existait avant 1464, puisqu’à cette date elle servait déjà à l’alimentation d’un moulin – malheureusement détruit en 1930 ! – qui se trouvait juste au pied du Mesnil-Marie.

Notre béalière à travers les champs

Notre béalière à travers les champs

Si nous ne faisons pas ce travail annuel de nettoyage et d’entretien, la béalière se détériorera et, rapidement, nous n’aurons plus d’eau dans nos maisons, puisque c’est grâce à elle que les citernes et les puits de tout le hameau sont alimentés.

Si cette béalière nous est précieuse, c’est non seulement parce qu’elle nous apporte l’eau, mais également parce que, ce faisant, elle nous assure une certaine indépendance et autonomie, que nous défendons bec et ongles en vertu d’un usage multiséculaire, contre les empiétements abusifs de l’Etat et des entreprises hégémoniques de distribution de l’eau.

Après une intense matinée de travail, nous prenons ensuite tous ensemble, avec les familles, un repas animé et joyeux : chacun ayant apporté des mets à partager avec tous.
Notre béalière joue donc aussi, par contre-coup, un rôle important pour la cohésion, la bonne entente et la solidarité dans notre hameau

La béalière comporte plusieurs petits passages souterrains aménagés sous les chemin d'accès aux propriétés

La béalière comporte plusieurs petits passages souterrains aménagés sous les chemin d’accès aux propriétés