Quelques éléments d’histoire :

Le Refuge Notre-Dame de Compassion est établi dans un hameau qui a pour nom Condas, sis sur le territoire de la paroisse de Saint-Martial en Boutières.

le village de Saint-Martial au dessous du Mont Mézenc enneigé (mars 2013)

le village de Saint-Martial au dessous du Mont Mézenc enneigé (mars 2013)

Bref historique de Saint-Martial en Boutières :

 – dans l’histoire civile :

Situé dans la proximité immédiate du Mont Mézenc, le village de Saint-Martial, dès les temps carolingiens, a fait partie du comté du Vivarais, mais en conservant toujours des liens forts avec le tout proche Velay.
D’abord placé sous l’autorité des puissants seigneurs du Mézenc, à partir du XIe siècle et jusqu’à la fin de l’Ancien Régime Saint-Martial sera, pour la plus grande partie de son territoire, rattaché à la seigneurie de Fourchades et Saint-Martial, laquelle passera successivement – entre autres – aux de Faÿ, aux Poitiers, aux Crussol, aux Beaufort, aux Lestrange, aux Saint-Nectaire, aux Richelieu… A la révolution, le seigneur se nomme Pierre de Julien de Beaumes.
Le découpage administratif issu de la révolution intégrera Saint-Martial au canton de Saint-Martin de Valamas, à la sous-préfecture de Tournon-sur-Rhône, et au département de l’Ardèche, calqué pour une bonne part sur le territoire de l’ancien Vivarais royal.
En 1790 la population de Saint-Martial est de 1667 âmes, elle s’élève à près de 2000 au début du XXe siècle, elle est aujourd’hui de 245 habitants.

– dans l’histoire religieuse :

On a peu de certitudes sur les origines de la paroisse : l’historien local Paul Camus croyait en l’existence d’un lieu de culte dédié à Saint Martial de Limoges, « apôtre des Gaules », établi en remplacement d’un lieu de culte païen à une époque fort reculée, mais nous n’en avons pas de preuve certaine.
A partir de l’an 1000, la cure de Saint-Martial dépendait pour le spirituel de l’évêché de Viviers, et pour le temporel du monastère Saint-Michel du Charay (près de Privas), établi sous la Règle de Saint Augustin et fondé par le chapitre de la cathédrale du Puy-en-Velay.
Le monastère du Charay fut dévasté par les huguenots (dès 1568 pour certains, vers 1580 pour d’autres) : selon la tradition, la plupart des chanoines furent massacrés de manière abominable, et le monastère pillé ne fut jamais relevé, si bien que Monseigneur Louis de La Beaume de Suze, lorsqu’il fonda le séminaire de Viviers confié à la jeune Compagnie de Saint-Sulpice, transféra le bénéfice de Saint-Martial aux Sulpiciens, qui pourvurent à la cure jusqu’à la grande révolution.
Pendant le XIXe siècle, la paroisse était desservie par un curé et deux vicaires. Le dernier curé (au sens canonique du terme) à avoir été nommé à Saint-Martial le fut en 1951 ; il est décédé en 1993.
Depuis lors la paroisse n’a plus eu de prêtre résident, puis – comme toutes les 368 paroisses du diocèse de Viviers – elle a été supprimée en 2003 au profit d’une grande « paroisse Notre-Dame des Boutières » qui couvre la superficie des deux cantons de Saint-Martin de Valamas et du Cheylard (soit 24 communes).

L’église actuelle de Saint-Martial est une construction néo-romane sans grand intérêt, édifiée de 1840 à 1890, à l’emplacement de l’ancienne église, au sujet de laquelle on dispose de très peu de renseignements.

L'église de Saint-Martial au début du XXe siècle

L’église de Saint-Martial au début du XXe siècle

Le hameau de Condas :

Le nom de notre hameau serait une forme dérivée de Condate, toponyme d’origine gauloise désignant une confluence où sont établies des habitations (Condate, Condat, Condal, Condé, Candé, Candes, Condes, Cosnes…).

La première mention historique se trouve en 1176 lorsque Guillaume de Poitiers confirme les donations faites par Guillaume Jourdain à la Chartreuse de Bonnefoy : Condas se trouve à l’intérieur du « désert » de la Chartreuse dont il marque les confins de l’est.

La Chartreuse de Bonnefoy à la veille de la révolution

La Chartreuse de Bonnefoy à la veille de la révolution

Nous ne disposons que d’éléments épars sur l’histoire de notre hameau. Selon toute vraisemblance, il a subi – comme nombre de hameaux ou de villages alentours – les contrecoups malheureux de l’histoire, en particulier les pillages et destructions liés au passage des grandes compagnies, au XVe siècle, puis aux cruels affrontements appelés de manière très simpliste « guerres de religion », au XVIe siècle.

On peut penser avec une véritable certitude morale qu’au cours de ses missions de 1635 ou 1636, dans la région du Cheylard et autour du Mézenc, Saint Jean-François Régis, l’apôtre du Vivarais et du Velay, est passé dans notre hameau : ses biographes, en effet, relèvent des anecdotes sur sa présence dans des villages voisins, avant d’ajouter qu’il ne leur est pas possible de détailler toutes ses pérégrinations dans les hautes Boutières, mais que le zélé missionnaire n’a laissé aucun hameau ni aucune ferme, même les plus isolés, sans y aller prêcher l’Evangile…

Un état des familles, personnes, maisons et biens établi en 1721 nous apprend que Condas comptait alors onze maisons – couvertes soit de tuiles soit de « paille » (probablement de la paille du seigle, mais peut-être aussi du genêt) – , et qu’il s’y trouvait dix familles, soit 59 habitants.
Aujourd’hui nous sommes une douzaine à résider toute l’année dans le hameau.

Le hameau de Condas et le Mesnil-Marie

Le hameau de Condas et le Mesnil-Marie

Du Mansou au Mesnil-Marie :

Lorsque le Refuge Notre-Dame de Compassion s’est établi à Condas, en 2008, il a acquis une maison ancienne, typique des pentes des Boutières, dont nous avons su plus tard qu’elle était traditionnellement appelée en patois « lou Mansou », ce qui pourrait se traduire par : le petit manse.
Le manse – du latin : mansio, -onis –  désigne l’action de demeurer ou de séjourner quelque part, puis par extension le lieu du séjour, la demeure. C’est en définitive le même sens que le mot « mesnil » en ancien français. En franco-provençal cela a aussi donné le nom « mas » qui désigne une demeure d’une relative importance ou une propriété agricole.
Au Moyen-Age et sous l’Ancien Régime, le manse était une sorte d’unité territoriale désignant une étendue de terrain agricole suffisante pour qu’une famille puisse en vivre.

« Lou Mansou » est, à l’origine, un édifice d’apparence austère qui, d’après les indices que nous recueillons en observant le bâtiment, a été  reconstruit au début du XVIIe siècle sur des vestiges plus anciens. Au milieu du XIXe siècle une petite extension y a été accolée.
Sa couverture était originellement faite de tuiles, et au XIXe siècle elle avait été  refaite en lauzes : cependant les murs et la charpente n’avaient pas été conçus pour ce type de toiture, très pesante, et les lauzes durent être retirées vers 1970.

Depuis que « Lou Mansou » est devenu « Le Mesnil-Marie », nous nous efforçons de le restaurer en conservant au maximum ses caractéristiques patrimoniales et en mettant en valeur son originalité.

Le Mesnil-Marie

Le Mesnil-Marie

frise avec lys naturel