Compte-rendu de la dernière Veillée Culture & Patrimoine :

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« Mercredi 20 mars, ultime Veillée Culture & Patrimoine de la saison, au Mesnil-Marie, hameau de Condas, à Saint-Martial.
Thème proposé : « Les associations, constituants essentiels de la Culture et du Patrimoine vivants ».

Des associations de Borée, de Saint-Martial, d’Arcens, de Saint-Martin-de-Valamas, de La Rochette, de Veyras, de Chaudeyrolles, des Estables, du Monastier-sur-Gazeille, du Mazet-Saint-Voy et d’Yssingeaux y étaient représentées.
En fait, c’est une dizaine de passionnés du pays du Mézenc qui étaient présents, mais certains dynamisent plusieurs associations disséminées dans un territoire dont l’étendue trouvait dans cette assemblée l’expression d’une cohérence profonde, qui échappe généralement aux politiques territoriales, qu’elles soient publiques ou qu’elles s’expriment dans les pratiques associatives.

Le débat a porté sur la réalité des liens qui tissent le territoire vivant de la multitude dispersée qui peuple un pays qu’aucune institution ne représente. De Veyras à Yssingeaux, de Saint-Martin-de-Valamas au Monastier-sur-Gazeille, quelle identité distingue ce pays des autres montagnes de France, qui justifierait que l’on s’y intéresse au point de se poser la question, et de la poser à tout le monde ?

Les associations sont des interfaces entre les collectivités publiques et une population éparpillée ou divisée selon la géographie, les histoires de villages ou de familles, les catégories d’âge ou socio-professionnelles, les traditions politiques ou religieuses. Qu’elles s’occupent de sport ou de chasse, de traditions ou de biodiversité, de musique ou de géologie, d’architecture ou de volcanologie, les associations portent le pays et le structurent, mais le laissent aussi à son morcellement. Elles révèlent et font vivre sa richesse patrimoniale autant qu’elles reflètent ses divisions profondes, renvoyant les meilleures volontés au fatalisme de l’impuissance. Et l’emploi se fait rare, le pays voit peu de jeunes arriver et beaucoup s’en aller. Sa richesse est son patrimoine : la récente extension du Parc Naturel des Monts d’Ardèche à sept communes du Mézenc de Haute-Loire est le signe que collectivités et associations ont un trésor à découvrir au profit de tous les villages, de Veyras à Yssingeaux, du Cheylard aux portes du Puy-en-Velay.
Est-ce un hasard, si nous retrouvons dans cette géographie que nulle carte de circonscrit, le pays qu’embrassaient du regard les artistes de la grotte Chauvet-Pont-d’Arc, il y a près de 40 millénaires, lorsqu’ils arpentaient leur territoire en remontant les vallées jusqu’au Plateau pour cheminer le long des lignes de crêtes ? »

Frédéric Lavachery, Chaudeyrolles.